Cassiar, nous voilà !

Bonjour a tous,

On finit notre troisième semaine de voyage par un jour de repos à Smithers, le long de la Yellowhead Highway. Cette semaine aura vu l’apparition des moustiques, des paysages inintéressants et du vent de face. La conséquence est qu’on a fait 750 kilomètres en 6 jours pour arriver le plus vite à la troisième étape du voyage: la Cassiar Highway jusqu’a Watson Lake puis la Alaska Highway jusqu’a Whitehorse,
A noter que désormais, Jean s’occupera de la version anglaise du journal tandis que je me chargerai de la version française.

15 juillet: Jasper, 0 km

Première vraie journée de repos depuis le début du voyage, On s’offre un restaurant japonais, et on demande par malheur une banquette: il faut enlever ses chaussures. On mange tout gênés alors que notre fumet envahit la pièce. On ne saura jamais lequel de nous deux est le vrai coupable. Sur le chemin du retour, rencontre avec un couple de Fairbanks, On parle d’ours et de changement climatique. D’après ce que le gars me dit, tant qu’on ne tombe pas sur le grizzly grincheux avec de mauvaises dents, ca devrait aller. Il ne reste plus qu’a apprendre a repérer les grincheux. On observe cinq wapitis au camping avant de s’endormir.

16 juillet: Jasper - aire de repos après Tête Jaune Cache, 119 km

Réveil a 5h15 et départ a 6h15 du matin. C’est vraiment chouette de partir quand il n’y a personne sur la route. On voit un cerf qui mange sur le bord de la route. Je n’ose pas le prendre en photo. On repasse en Colombie-Britannique et on rechange d’heure. Résultat: on a fait 85 kilomètres à 10h du matin. Apres notre pause du midi commence une série de longues lignes droites vallonnées sans aucun intérêt. Ca durera 4 jours. On arrive enfin à l’aire de repos ou on se fait horriblement bouffer par les moustiques. On n’a que quelques secondes pour faire pipi avant qu’ils n’arrivent. On se couche à 8h avec un nouvel objectif: être à Whitehorse le 5 août.

17 juillet: aire de repos après Tête Jaune Cache - Dome Creek, 135 km

On se réveille à 5h45 au milieu des moustiques. C’est infernal. Je comprends désormais ce qu’Aaron voulait me dire. On n’est pas suffisamment prépares. Ils piquent à travers les vêtements, aux yeux, aux mains. Le petit déjeuner est horrible et on prend à peine le temps de manger. J’enlève les moustiques de mes jambes et tente de ranger mes chaussures dans mes sacoches. Cinq secondes après, je regarde mes jambes: j’ai vingt moustiques sur la jambe gauche et dix sur la jambe droite. J’ai le cœur qui palpite, le souffle court, je commence à paniquer. J’attache sommairement mes chaussures et je pars en courant. Sur le vélo, le moral est au plus bas. On repart à 30 km/h, comme si cela allait nous éviter de subir le même sort ce soir. Pour la première fois, je m’inquiète de ma capacité à faire ce voyage jusqu’au bout. Sur le chemin, on rencontre Dave, Sud-Africain qui a fait le voyage de Vancouver a Prudhoe Bay et qui est reparti de Prudhoe Bay pour aller en Terre de Feu. Il recommande l’aire de repos de Dome Creek. On s’y arrête a 15h30, épuises. Pas trop de moustiques, je suis rassuré.

18 juillet: Dome Creek - Prince George, 133 km

Très peu de moustiques le matin, je suis un peu rassuré. Ca roule bien et on s’arrête a midi dans un boui-boui qui fait son propre pain et ses propres tartes. On s’empiffre et on repart. Arrivée a Prince George ou l’on découvre une ville industrielle sans intérêt. Encore une grosse côte et on arrive au camping. Pas d’ours, pas de moustiques, on peut dormir tranquille. Le bonheur. Demain, grasse matinée.

19 juillet: Prince George - Vanderhoof, 92 km

Départ à 12h15. Bruine intermittente, des montées et des descentes en permanence, des bas-côtés étroits, les voitures qui passent tout près de nous et un gros vent de face: une étape de rêve… Ce qui devait être une étape reposante après les trois longues journées précédentes sera la pire depuis le début. On arrive enfin à Vanderhoof, épuisés. Alors que l’on cherche un endroit ou dormir, une dame, Deirdre, vient parler à Jean et, apprenant cela, nous propose de planter notre tente dans son jardin. On va la rejoindre chez son copain Todd qui nous propose la même chose. Comme son terrain à lui n’est pas inondé au contraire de celui de Deirdre, nous acceptons. Todd et Deirdre sont adorables, tout comme les deux enfants de Todd. On passe la soirée à papoter devant un thé. Il nous prête son ordinateur et nous offre une douche que nous n’utiliserons que le lendemain. On s’endort à 23h45, heureux malgré l’étape complètement pourrie. Côtoyer tant de bonté nous a revigorés.

20 juillet: Vanderhoof - Burns Lake, 133 km

Douche à 7 heures du matin avec un vrai savon: le bonheur. Enorme petit déjeuner avec pancakes, nectarines, pommes, bananes, sucre glace et sirop d’érable. Nous qui ne mangeons d’ordinaire que du gruau, nous sommes aux anges. On reste un peu à papoter puis on part. Ces quelques heures passées avec eux auront été fantastiques. On les quitte a regret. Il fait beau, il n’y a pas de vent, on part le cœur léger. On croise Marc, photographe et cycliste espagnol qui est parti d’Alaska pour aller en Californie. Lors de notre pause, on rencontre Beth et Elena qui vont en voiture de Vancouver à Whitehorse pour aller se promener au Yukon. La encore, on parle longtemps et on profite de ces moments de rencontre. On repart et arrive à Burns Lake, pour découvrir un camping municipal glauque dans une ville qui l’est tout autant (sur le chemin, on en profitera pour faire la course avec un train, ce genre de jeu qui a plus d’intérêt avec un train canadien qu’avec un TGV). Avant de s’endormir, on aura droit aux patrouilles de police, aux jeunes qui s’ennuient mortellement à minuit et aux voitures qui passent en trombe sur la route.

21 juillet: Burns Lake - Smithers, 143 km. Total: 1859 km

Réveil a 6h15 pour faire les 145 kilomètres qui nous séparent de Smithers dans la journée. La route est un peu moins chiante que les jours précédents, les décors plus varies. On voit à nouveau des montagnes enneigées. On profite d’une grosse descente pour améliorer le record de vitesse a 73,4 km/h (voir vidéo). Apres avoir trouve le camping municipal, on va manger au pub. Pour la première fois depuis le début du voyage, on peut vraiment discuter entre frères. Depuis 9 ans qu’on n’habite plus ensemble, ca fait du bien. Vivement la Cassiar Highway pour pouvoir recommencer,

Demain, jour de repos.

Les photos de la semaine 3 sont disponibles ici


3 comments

  1. LTonton 13:23

    Hi nephews, Glad to read everything’s OK. You’re just cycling like mad ! The videos are nice. I left a few messages on your mail boxes but well !
    Je vous suis chaque semaine, envie votre énergie et vous en souhaite tjs plus.

    Grosses bises tontonesques

  2. guiguilegrizzly 4:09

    Hello

    c’est cool de vous lire, c’est bien écrit et puis quand je lis cette dernière étape, je n’ai plus aucun regret de ne pas être parti, moi qui ai demandé à changer d’hôtel pour un Ibis, je m’imagine mal avec 40 moustiques le matin sur mes mollets, en tout cas continuez bien et à très bientôt,

    G.

  3. nicolas 18:37

    LTonton: salut le tonton ! Merci pour les videos. Quant aux mails, nous les avons lus, mais tu sembles sous-estimer la frequence et le type de nos contacts avec la civilisation. Nous faisons de notre mieux pour contenter tout le monde, et ce n’est pas toujours facile.

    guiguilegrizzly: salut frerot. Pour les moustiques, c’est moins terrible maintenant que l’on est prepares et que l’on a la tenue d’astronaute fin prete pour l’arrivee au campement. On verra ce qu’il en est sur la Dalton Highway.

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