En lundi 20 août 2007
7 août: Whitehorse- Summer Camp quelque part sur la Klondike, 102 km
Petit déjeuner “All you can eat” puis départ de Whitehorse. Il est midi, on a eu le sommeil lourd. Petite émotion au moment de prendre l’embranchement vers la Klondike Highway. Ca y est, on va faire 220 km de plus juste pour prendre la Top of the World. La Klondike est chiante: des paysages inintéressants et pas de bas-côtés. En plus, on n’a pas de jambes. On découvre les premiers vrais décors nordiques sous la pluie: des plaines de toundra et de sapins. On se rend peu a peu compte que le trajet va être chiant jusqu’a Dawson City, ce qui nous donne un petit moral.
Après une journée galère, on s’arrête dans un camp de vacances vide. C’est un super emplacement en bord de lac et on fait une chasse au trésor pour trouver les cabanons ouverts: c’est un retour vingt ans en arrière. On se fait un feu sous les gouttes, apprécie nos pâtes et au dodo. — Nicolas
8 août: Summer camp - Tetcha Creek (je crois), 105 km
Journée qui sera identique à la précédente: ça monte, ça descend, on s’emmerde et les jambes sont toujours absentes. Petit arrêt à Carmacks-la-glauque, charmante bourgade yukonnaise: on vous recommande la station-service pour un dîner en amoureux.
On arrive enfin au camping au pied d’une énorme côte: dîner rapide et on plonge dans les duvets humides de la veille. Atmosphère, atmosphère… — Jean
9 août: Tetcha Creek - Stewart Crossing, 152 km
On avale les 80 premiers km comme des fusées avant la pause-repas. On se dit que le reste va se faire sans problème et… ce n’est pas le cas. On commence par 4 km de montée sur de la piste boueuse en guise de digestif: ça fait très mal. On enchaîne avec un vent de face, du relief, et nous filons désormais à la vitesse ahurissante de 12 km/h. A ce train-là, on arrive au camping à 22h30. Nicolas muscle alors son jeu et nous relance. On arrive au camping vidés, mais à 20h. Rien ne peut apaiser notre appétit: je prends un burgers, deux desserts et… j’ai encore la dalle (petite pensée pour les patagons). Nicolas, qui ne sait pas mettre un cuissard correctement, a le postérieur pulvérisé. Le réveil demain s’annonce des plus croustillants. — Jean
10 août: Stewart Crossing - Klondike River Lodge (jonction avec la Dempster Highway), 137 km
Comme les jours précédents, les heures sont longues, on regarde nos guidons et on essaye d’avancer comme on peut. Petit pincement au coeur au moment de croiser la jonction avec la Dempster Highway, autre route nous permettant d’accéder à l’Océan Arctique (en prenant l’avion a Inuvik, toutefois). Mais il fallait faire un choix. Au moins, demain, on arrive à Dawson City. — Jean
11 août: Klondike River Lodge - Dawson City, 40 km
Surprise au réveil, il fait -2 degrés C (en plein mois d’août !). Toutes nos affaires sont givrées et Nico se gauffre artistiquement sur les escaliers en bois menant aux toilettes. De retour, il casse un piquet de tente juste en marchant dessus. On se prend une bonne douche (la première depuis plus d’une semaine) et, avant de partir, on rencontre un couple de Vancouver Island que l’on avait déjà croisé sur la Cassiar; ils reviennent de la Dempster et nous annoncent l’inimaginable: un ours polaire a été vu pour la deuxième fois de l’histoire sur l’autoroute.
On va vérifier avant de se lancer vers l’Arctique.
Les 40 km sont avalés à 25 km/h de moyenne. Dawson City est une révélation: de vieilles maisons type western, des rues en terre et une ambiance vraiment chouette. Le moral est de retour après plusieurs jours sans intérêt: c’est la récompense de la Klondike. On décide qu’on ne repartira que demain après-midi. Je déguste un ragoût de caribou (tellement vite que le serveur abasourdi me demande si je veux un deuxième plat) pendant que Nicolas tente pour la premiere fois du voyage le saumon. Les vélos sont bichonnés et on s’endort. — Jean
12 août: Dawson City - Clinton Road, 56 km
Matinée pépère et départ à 15 heures. On traverse la Yukon River par ferry et on attaque la Top of the World Highway. Saura-t-elle justifier les quatre jours passes sur la Klondike ?
Dès le début, 17 km de montée sur de la piste alors que l’on nous avait annoncé une route pavée jusqu’à la frontière. Une fois au sommet (atteint après deux heures), on est sous le charme: la route longe la crête et on voit toutes les montagnes alentour. Il fait un temps magnifique et on décide de rouler tard. Juste apres un col, je stoppe brutalement. Il est la, brun, marchant au bord de la route dans notre direction: notre premier grizzly. Ca mate sévère… On applique à la lettre la procédure d’urgence: on lui parle doucement, on se recule et on s’identifie comme humains en agitant les bras. Normalement, c’est là qu’il doit s’arrêter ou s’enfuir. Mais nous avons affaire à un sauvageon et il continue de s’approcher tout en ne nous quittant pas des yeux. Soudain, notre sauveur surgit a moto: on lui présente la situation et lui demande son aide. Il propose de distraire l’ours en l’effrayant pour nous laisser le temps de partir. Il allume son moteur et, a ce moment, l’ours se dresse sur ses pattes de derrière (j’indique à Nicolas qu’il s’agit d’une réaction normale lorsque l’ours veut évaluer une situation). Le moteur s’approche de l’ours en klaxonnant, ce dernier filant dans les fourres. Bien que le motard nous fasse signe de passer, on reste plantés la sachant qu’il ne faut jamais s’enfuir devant un ours. Le grizzly contourne alors le motard et recommence a s’approcher de nous. Il n’est plus alors qu’à une trentaine de mètres. En plein stress, on demande au motard de venir s’interposer. Cette fois-ci, plus d’hésitation, on s’en va, passant à vélo devant l’ours à nouveau dressé sur ses pattes arrière, nous regardant et se demandant encore ce qu’étaient ces deux créatures étranges qui ont interrompu sa promenade du soir. Quant à nous, nous n’en menons pas large et sommes quittes pour un bon rappel à l’ordre: les ours sont partout ! On décide de planter rapidement la tente, ce que l’on fera au sommet d’une colline 15 km après. On se dit que la nuit va etre agitée. — Jean
13 août: Clinton Road - premier camping BLM apres la frontiere, 80 km
Bonne saucée pendant la nuit, mais pas d’ours. En revanche, c’est une brume épaisse qui nous entoure au réveil. On ne voit pas à 50 mètres. Encore une rencontre avec le couple de Vancouver Island puis on repart, la brume s’étant un peu levée. Ça grimpe et, à l’approche de la frontière, le vent se lève et la pluie se met à tomber. N’étant pas protégés car sur la crête, nous peinons à maintenir nos vélos droits (embed video) et nous en bavons.
On arrive enfin au poste-frontière et on découvre une pauvre cabane, perdue au milieu de nulle part. Trempés, on demande refuge a la douanière. On restera 1h30 au poste, ce qui nous permettra de nous réchauffer, de manger au sec, et même d’utiliser leurs toilettes. On repart également avec un magnifique tampon de caribou chacun. Petit arrêt jus de fruit a Boundary dans un bar - station-service miteux et arrivée au camping où l’histoire du grizzly se répand rapidement. Héros de la soirée, on s’endort après un bon feu. Ca y est, nous sommes en Alaska…



mumu 7:48
Et toujours, l’ensemble des vidéos sur leur page goole vidéo, ainsi que les photos des semaines 6 et 7.
mumu 15:19
Et je viens de finir de mettre à jour la carte du trajet toujours visible ici.