Enfin des nouvelles

Désolé pour l’absence de nouvelles mais nous n’avons eu que très peu de contacts avec la civilisation avant aujourd’hui. Cette première semaine aura été l’occasion d’avoir une première idée de ce que seront les deux prochains mois. Nous avons roulé sur des autoroutes, monté des pistes sablonneuses, traversé des rivières et vu les paysages magnifiques de la Colombie-Britannique. Des photos et des vidéos dès que l’on peut.

2 juillet: Vancouver - Abbotsford, 90 kilomètres à 19 km/h de moyenne
Départ à 10h30. Tout le monde nous conseille la Lougheed Highway (grosse autoroute) pour sortir de Vancouver mais on la considère avec beaucoup d’appréhension d’autant plus que nous sommes super chargés. Premiers tours de roue et c’est la panique: nos sacoches avants sont tellement chargées que le moindre changement de direction les fait balancer et fait bouger le guidon de gauche à droite. On découvre qu’il y a une voie cyclable sur l’autoroute, qu’il n’y a pas tant de monde que ça et que les gens font attention aux vélos. Finalement, ce n’est pas si terrible. Première grosse frayeur: on doit traverser deux voies d’autoroute pour prendre notre sortie. Deuxieme frayeur: le bas-côté disparait soudainement et nous nous retrouvons sur la voie de droite. Ensuite, nous sommes pris entre les six voies de la Transcanadienne et les quatre voies de la Lougheed Highway (voir ici, au milieu des deux autoroutes). Troisième frayeur: sur un pont, le bas-côté fait 80 cm de large, les voitures roulent à toute allure et, à basse vitesse, nos guidons tremblent atrocement. Le camping ou nous voulions aller étant fermé, nous reprenons la route a 17h15, après 75 km. Nous arrivons finalement à 19h, après 90 km. On se fait offrir par une résidente du camping, Nancy, burgers au buffle, tarte aux pacanes et fraises. Tout est dévoré en 15 minutes. On a du mal à réaliser que c’est le premier jour de nos deux mois et demi de route.

3 juillet: Abbotsford - Kettle Valley Railway Trail, 109 kilomètres à 19.7 km/h de moyenne
On continue vers l’est. En fin de matinée, nous rencontrons un couple: Emma, suedoise, et Scott, américain. Les deux font du raid en compétition (Scott faisait partie de l’équipe des Etats-Unis). On n’a pas la pression du tout… Chance, Scott est économiste de l’environnement et Jean peut papoter. La journée se finit sur une voie ferrée désaffectée qui traverse des gorges magnifiques et des tunnels que nous parcourons dans le noir complet. On trouve enfin un endroit près d’une rivière où dormir. Nous sommes entrés au pays de l’ours et le sommeil est léger.

4 juillet: Kettle Valley Railway Trail, 48 km à 11km/h de moyenne
Départ a 12h30, en plein soleil… Dès le début, on en bave: pente a 6-8% sur de la piste de sable mou. Le bidon anti-ours de Jean n’arrête pas de tomber et, une fois arrêté, il est quasiment impossible de repartir, le pneu dérapant totalement dans le sable. A la fin, nous sommes montés de 200 mètres, mais nous sommes épuisés; on commence à se demander ce qu’on fait là. Le reste de la journée ne sera composé que de ça: des montées, du sable mou, des cailloux. Dans l’après-midi, Scott et Emma partent devant pendant que nous remettons encore une fois le bidon de Jean sur son vélo. Pendant que nous essayons de les rattraper, nous passons à côté de deux grosses crottes d’ours au milieu de la piste. Alors que Nicolas se moque doucement de Jean qui chante pour éloigner les ours, il l’accompagne doucement après la première crotte. Nous aurons monté 1400 mètres dans cette journée. Dur…

5 juillet: Kettle Valley - Nicola Lake campsite, 98 km à 18 km/h de moyenne.
Départ à 9h30. Après un peu de piste, où l’on traversera notamment une rivière en portant les vélos, nous quittons Scott et Emma qui eux vont suivre la Kettle Valley Railway Trail jusqu’au bout. Frustrés de toute cette piste, on reprend l’autoroute a 40 km/h avec un vent arrière. Nous quittons l’autouroute apres une descente de 4 kilomètres, où Jean fera du 65 km/h (Nicolas, sage, n’a pas dépassé le 57 km/h) pour prendre une petite route vers Merritt. Il fait chaud, on manque d’eau, ca monte presque tout le temps, c’est dur… L’une de nos rares belles accélérations a été faite avec l’aide d’un rottweiler a nos trousses, Jean profite de l’une des rares descentes pour améliorer le record à 67 km/h. On arrive à Merritt pour trouver une ville miteuse de 3000 habitants. On décide donc de faire 20 km de plus pour camper au bord de Nicola Lake. Cette portion se fera à la nuit tombante, sans bas-côté, avec des camions rasant. Nicolas découvre un appareil mesurant le stress de Jean: son compteur de vitesse. Jean fait du 37 km/h sur du plat, sans vent arriere, alors que l’on a 80 kilomètres dans les jambes. On se couche épuisés.

6 juillet: Nicola Lake campsite - Douglas Lake campsite, 52 km à 16 km/h de moyenne.
Journée relativement courte mais épuisante (encore de la piste sous un soleil de plomb). On dort au bord d’un lac après avoir traversé une réserve indienne. La vie est belle.

7 juillet: Douglas Lake campsite - Salmon Arm, 94 km à 19.6 km/h de moyenne.
Départ à 8h30. La piste est bonne et on a envie de rouler. Lors d’une descente, alors que nous sommes a plus de 50 km/h, occupés à éviter les nids-de-poule, Jean voit un gros chien traverser la route et nous freinons légèrement pour lui laisser le temps de passer. Il nous faut un peu de temps pour réaliser que nous sommes en train de voir notre premier ours. Ce n’est plus un léger freinage mais un dérapage en panique qui s’ensuit. Dès lors, nous utiliserons nos klaxons à ours à chaque virage. Au bout de la piste, nous nous arrêtons dans un magasin général pour manger. Jean voit des échantillons de gâteaux a déguster sur le comptoir. Il en goûte un.
” - Vous trouvez ça comment ? ”
Jean qui le trouve quelconque répond tout de même ” - Mmmh, c’est bon. ”
” - C’est pour les chiens. ”
On décide de partir vite.

Route quelconque dans l’après-midi mais on est hébergés par un ancien chasseur d’ours. On profite de sa conversation et l’on rigole quand il nous raconte que son grand jeu est de s’approcher derriere un ours au sortir de l’hibernation et de lui crier ” Bouh ! ” pour le voir détaler.

8 juillet: Salmon Arm - Three Valley, 95.6 km à 15.3 km/h de moyenne.
Départ 7h15 après un réveil à 6h. Après 50 km de route bitumée jusqu’à Mable Lake, on s’engage sur une piste. Il est 11h30 et, sans le savoir, on entame une ascension de 32 km sur une piste caillouteuse, dans la canicule. La descente de 3 km suivant le col est un vrai bonheur. On campe au bord d’un lac, entre les montagnes, seuls. Cela fait une semaine que l’on est partis, nous avons fait 587 kilomètres (dont une grosse partie de pistes) et on savoure le moment présent, fiers de nous.

On arrive aux Rocheuses.

Bienvenue a Vancouver

Bonjour a tous !

Nous partons demain vers l’est, direction Banff que nous devrions atteindre d’ici dix jours. Premiere journee ou nous emprunterons l’autoroute, charges comme des mules. Le voyage commence ici et Jean s’inquiete de possibles imprevus (” Et si Banff etait a 2500 kilometres et pas 900 ? Comment ferons-nous ? “). Il faut que dire que les autoroutes canadiennes n’ont que peu de choses en commun avec les routes ecossaises.

Et en bonus, une petite video de bienvenue (en esperant que tout marche).

A bientot avec d’autres nouvelles des que possible.

Jean et Nicolas

PS: desole pour les accents, nous sommes sur un clavier americain.

Départ

Le jour est arrivé. Après un an et demi de préparation, le voyage est enfin là. Je pars pour l’aéroport dans à peine deux heures. Ces derniers jours auront été intenses, que ce soit pour trouver le reste de l’équipement ou finir le travail au laboratoire. Cela aura également été la scène de déceptions (merci la Banque Nationale qui me dit qu’elle n’a jamais vu ma demande de carte de crédit que j’ai pourtant remplie dans l’une de leurs agences. Pas de carte de crédit canadienne pour le voyage…) et de moments plus heureux (merci à tous les gens du Yéti de m’avoir aidé à résoudre mes problèmes, d’avoir répondu à mes questions et d’avoir montré de l’intérêt pour ce voyage).

La seule inquiétude qui reste concerne le support pour caméra vidéo assez résistant pour accrocher une cuisinière à mon guidon, mais qui risque de gêner dans les montées (le support, pas la cuisinière).

J’ai également mis les questions posées par les enfants de l’École Enfant-Soleil. Lorsque des élèves ont posé des questions qui avaient déjà été posées, je n’ai pas toujours ajouté leur nom. Si vous ne voyez pas le vôtre associé à une question que vous avez posée, c’est dû à mon avion décollant dans quelques heures et non à un oubli. Je n’ai pas encore traduit les questions en anglais (pour la raison, voir la phrase d’avant).

À ceux qui nous demandent si nous sommes prêts, je répondrai juste par un extrait de la conversation téléphonique de mercredi avec Jean:

Jean: « Je pense qu’on fera les 60 miles par jour les trois premiers jours sans problème, mais moi j’irai à une allure de grand-mère. »

Nicolas: « Pas de problème. De toute façon, en ce moment, je suis essouflé après avoir monté 50 mètres à vélo. »

Jean: « Ah, moi, si je marche 10 minutes, je suis fatigué. »

Nicolas: « … »

Jean: « On est vraiment des grosses stars. »

Et pour finir, tous mes voeux de bonheur à Julie !

Nouvelles réponses et nouvelle éditrice

Bonjour tout le monde,
Aujourd’hui, trois nouvelles réponses données par Jean. Comme d’habitude, toutes les réponses sont récapitulées dans la page Questions. J’ai aussi réorganisé un peu ladite page pour que les réponses soient plus visibles.

J’en profite aussi pour mentionner la promotion de Mumu du statut de soutien psychologique à celui d’éditrice. C’est donc elle qui sera chargée de mettre à jour le site régulièrement lorsque nous n’aurons pas accès à Internet (en gros, on lui donnera plein d’information une fois par semaine, qu’elle distillera quotidiennement).

Merci Mumu !

Et voilà les questions avec leurs réponses:

S’il pleut pendant que vous faites du vélo, que ferez-vous ?
Nous avons des vêtements imperméables (manteau, pantalon, couvre-chaussures). Ainsi, à part si les conditions sont vraiment exécrables, nous pourrons rouler sous la pluie. — Jean

En Alaska, roulerez-vous sur la neige ou sur une route ?
Nous roulerons en permanence sur la route; certaines routes seront en gravier. Nous ne nous attendons pas à avoir de la neige sur la route, bien que cela sera possible quand on s’approchera de l’Océan Arctique. Mais, même s’il de la neige tombe sur la route, celle-ce sera probablement déblayée pour que les véhicules puissent l’utiliser. Si, malgré cela, il devait rester de la neige sur la route, nous ne pourrions rouler dessus. Il faudra alors attendre qu’elle soit déblayée ou trouver un autre chemin. — Jean

Y aura-t-il de la neige dans les Rocheuses ?
Il y aura probablement de la neige au sommet des Rocheuses. Toutefois, il ne devrait pas y en avoir sur la route. — Jean

Dessins

Bonjour tout le monde.

Une petite mise à jour pour vous dire que tout est quasiment prêt. Nous avons une chambre réservée à Vancouver, un téléphone satellite et des bidons anti-ours. En outre, j’ai visité une nouvelle école à Montréal mardi dernier: l’école Enfant Soleil. Passons sur le fait que je me suis retrouvé coincé au milieu de deux bretelles d’accès à l’autoroute avec mon vélo chargé (je suis sûr que Papa et Maman seront ravis d’apprendre cette petite anecdote par le blog) , qui faisait quand même 35 kilogrammes, et mentionnons plutôt que j’ai pu récupérer de nouvelles questions et plein de chouettes dessins.

Je mets à jour la partie questions dès que je peux. On a également reçu des dessins de l’école Kincardine in Menteith et Jean a choisi lequel il voulait voir affiché en premier.

Edit: le dessin est de Becky Hamlyn (Primary 7).

On m’a également dit que la gestion de la partie questions était confuse. Je précise donc: on va répondre aux questions sur nos impressions et la préparation du voyage avant le départ. Nous répondrons au reste durant le voyage. À chaque fois qu’une réponse à une question sera donnée, elle sera mise sur le blog et ajoutée à la page « Questions ».

Plus que 11 jours…

(Cliquez sur l’image pour accéder à l’album)

Drawing made by a student from Kincardine near Menteith

Statistiques

Dans un mois jour pour jour, nous serons à Vancouver pour le début de notre voyage (et pas encore d’endroit où loger). La préparation est bientôt finie (il nous reste à trouver une caméra, visiter quelques écoles, obtenir l’accès à l’Océan Arctique et acheter des bidons anti-ours) et nous n’avons plus qu’une envie: partir.

A part ça, nous avons dépassé les 1000 visites au mois de mai (après 584 en avril, 151 en mars et 52 en février, pour un total de 1789), réalisées avec 162 visiteurs différents. Ce n’est pas tant que ça, mais c’est quand même pour nous une source d’encouragement.

En ce qui concerne l’entraînement, Jean en est à 1100 kilomètres parcourus sur son vélo et moi à 650. Je n’arrive pas à réaliser que ce que j’ai fait en 6 semaines représente la distance hebdomadaire que l’on fera pendant le voyage.

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Questions

Après une longue pause, voilà enfin une mise à jour. Nous avons lu toutes les questions que les élèves nous ont posées et nous les avons compilées dans la page Questions. Nous répondrons à celles concernant la préparation dans le mois à venir et aux autres durant notre voyage.

On peut déjà faire quelques remarques:
- les filles sont les plus concernées par notre santé (ce sont également elles qui imaginent les situations les plus effrayantes)
- quand les Écossais se demandent si des plantes ont déjà disparu, les Québécois nous demandent notre budget et ce que nous ferons face à un grizzli.

En tout cas, toutes les questions sont chouettes et nous espérons que les réponses vous satisferont. Enfin, je conclus ce post en répondant à une question que j’aime beaucoup:

Avez-vous réalisé le danger que représente ce voyage ? Marian
Probablement pas autant que nos parents le souhaiteraient. Toutefois, si nous étions réellement conscients du danger que représente ce voyage, nous ne le ferions probablement pas, ce qui serait bien dommage.

Salsa au menu !

Aujourd’hui (enfin, hier étant donné qu’il est 5 heures du matin), mon jouet est arrivé. Il est orange, pèse 14,6 kgs et roule à merveille. Je me rends compte que pédaler sur un vélo comme celui-là est incomparable avec tout ce que j’ai pu connaître avant.

Les premières photos sont ICI.

Entrevue (1)

Première entrevue parue dans L’Express d’Outremont (à l’intérieur d’un article sur les élèves de l’école Stanislas que j’ai rencontrés), où l’on découvre notamment que je ne sais absolument pas parler français. Je tiens donc à signaler aux enfants qui nous lisent qu’il eût été préférable que je dise

« Nous allons essayer de rencontrer des populations dont le mode de vie a été influencé par les changements climatiques »

au lieu de

« Nous allons essayer de rencontrer des populations pour qui les changements climatiques ont de l’influence sur leurs modes de vie ».

L’article est en ligne ici.

Première école montréalaise - Stanislas !

Ça y est, j’ai visité ma première école montréalaise ! C’était l’école Stanislas à Outremont. Les enfants ont été géniaux, posant des questions et s’intéressant à tout. Jean avait raison, ce sont des instants magiques. Je n’ai qu’une envie: revenir les voir le 17 avril, et cette fois avec le vélo et tout l’équipement !

Merci à tous d’être venus, c’était un vrai moment de bonheur.

Edit: après une lutte acharnée, j’ai enfin réussi à faire marcher la galerie. Les photos de la présentation à Stanislas sont donc à l’adresse http://www.arctic2007.org/photos/schools/stanislas/